L’Outaouais refuse l’austérité


Gatineau, 27 novembre 2014

Des mesures d’austérité qui appauvrissent les ménages les plus vulnérables

Les membres de la Table de concertation sur la faim et le développement social de l’Outaouais (TCFDSO) sont très inquiets face aux mesures d’austérité annoncées par le gouvernement du Québec. Le dernier Bilan Faim fait par les banques alimentaires du Québec et du Canada indique que plus de 9 700 personnes, dont le tiers sont des enfants, n’arrivent pas à répondre à leurs besoins alimentaires en Outaouais. Les banques alimentaires de la région sont débordées; la hausse des demandes atteint cette année plus de 25%. La pauvreté qui afflige les familles vulnérables de l’Outaouais n’est pas en recul. Dans ce contexte, les mesures d’austérité proposées par le gouvernement du Québec sont inacceptables. Ces mesures auront des impacts importants pour les ménages vulnérables de l’Outaouais. Ils devront non seulement faire face à des coupures de services publics (sans avoir les moyens, eux, de payer des services équivalents dans le secteur privé); ils devront assumer de nouveaux coûts pour des services offerts aux familles, tels les services de garde et; ils risquent fort, en plus, de voir se réduire les services offerts par les organismes communautaires en raison de coupures dans le financement public de ces organismes.

Des organismes communautaires à bout de souffle.

En Outaouais comme ailleurs, les organismes communautaires sont en première ligne pour répondre aux besoins des populations les plus démunies de notre société. Ces organismes constituent bien souvent le dernier filet de sécurité pour les personnes vulnérables. Or, les organismes communautaires de l’Outaouais sont déjà à bout de souffle : ils travaillent dans une situation de sous-financement chronique depuis de nombreuses années. La réorganisation du réseau de la santé et des services sociaux et l’abolition des structures de concertation régionale (la CRÉO gérait un fonds régional de lutte à la pauvreté) auront des impacts significatifs sur la capacité de ces organismes communautaires à répondre aux besoins des personnes et des familles vulnérables. La TCFDSO, dont les organismes membres travaillent quotidiennement auprès des populations plus vulnérables de l’Outaouais, se lève aujourd’hui pour dire non à des mesures d’austérité qui se feraient sur le dos des organismes communautaires et, par ce biais, sur le dos des plus démunis d’entre nous. La TCFDSO se lève aujourd’hui pour dire oui à un Outaouais solidaire. Parce que, au final, la valeur d’une société ne se mesure-t-elle pas à la façon dont elle traite ses membres les plus faibles?